Je n’avais jamais organisé de soirée. Alors je me suis posé la question, simplement : comment on réunit trente personnes autour de quelques œuvres ?
La réponse que j’ai trouvée, c’est qu’on ne l’organise pas, on la refuse.
Lieu après lieu.
Un loft trop joli pour être vrai. Un espace où les murs ne portaient pas assez d’œuvres. Un lieu parfait sur les photos, impossible à la seule date qui comptait. Chaque fois, dire non est devenu la vraie tâche, pas dire oui.
Je pensais que choisir un lieu, c’était trouver le bon.
Ce n’est pas ça.
C’est éliminer tout ce qui ferait ressembler la soirée à autre chose qu’à ce qu’elle doit être.
Pas un vernissage. Pas une foule. Une pièce, au sens propre, des murs qui comptent, et une liste de gens qui comptent. Trente visages, pas trois cents.
Ce que personne ne voit, le soir où ça marche, c’est le nombre de fois où j’ai dit non avant de pouvoir dire oui une fois. Le lieu qui plaisait et qui s’est dérobé à la dernière minute. La date qu’il a fallu défendre. Une sélection qui attend encore la réponse d’un atelier.
Rien de tout ça ne se voit sur une invitation. Et c’est précisément le but.
Le lieu est trouvé, rue Saint-Honoré. Le 10 novembre, de 18h à 21h30, Avanvue ouvre une porte en vrai, pas en ligne. Sept artistes, deux œuvres chacun. Un argument pour chacune, dit à voix haute, pas affiché sur un mur.
Et depuis mercredi, le site est ouvert : avanvue.com. Les œuvres, leurs prix, et ce que j’en pense.
Si vous voulez être dans la pièce le 10 novembre, répondez à cette lettre avant le 23 octobre. Je vous envoie l’invitation.
Si vous connaissez quelqu’un qui regarde l’art comme vous, transmettez-lui cette lettre.
Saliha, Avanvue
What you turn down before an evening exists
Several places visited. Only one kept.
I had never organized an evening before. So I asked myself a simple question: how do you bring thirty people together around a few works?
The answer I found is that you don’t organise it. You turn it down, place after place.
A loft too pretty to be true. A space whose walls couldn’t carry enough work. A place perfect in photos, impossible on the one date that mattered. Each time, saying no became the real task, not saying yes.
I thought choosing a venue meant finding the right one. It doesn’t. It means removing everything that would make the evening look like something it isn’t meant to be.
Not an opening. Not a crowd. A room, in the literal sense, walls that matter, and a list of people who matter. Thirty faces, not three hundred.
What no one sees, on the night it works, is how many times I said no before I could say yes once. The place I liked that slipped away at the last minute. The date that had to be defended. A selection still waiting for one studio to answer.
None of that shows on an invitation. That’s exactly the point.
The venue is found, on rue Saint-Honoré. On 10 November, from 6pm to 9.30pm, Avanvue opens a door for real, not online. Seven artists, two works each. A reason for each one, said out loud, not printed on a wall.
And since Wednesday, the site is open: avanvue.com. The works, their prices, and what I think of them.
If you’d like to be in the room on 10 November, reply to this letter before 23 October. I’ll send you the invitation.
If you know someone who looks at art the way you do, pass this letter on.
Saliha, Avanvue